mercredi 24 juillet 2013


LAISSE LES GONDOLES À VENISE (d'après Lorenzaccio d'Alfred de Musset) 
(2005)























Le théâtre a été soumis trop longtemps au texte, à la littérature. Dans la conception traditionnelle, une pièce n’est qu’une représentation, sur scène, de quelque chose qui a été conçu ailleurs, en d’autre temps, loin de l’action présente. 
Il faut donc sortir le théâtre de la seule représentation du texte écrit, le rendre à sa propre activité complexe et contradictoire, où tout ce qui arrive doit effectivement se passer « ici et maintenant » sur la scène, dans la salle. Le texte n’est plus qu’un matériau parmi d’autres, dont on doit pouvoir user librement, comme de la lumière, de la musique ou de l’espace.
Il suffit de s’en emparer, et si nécessaire, le transformer en fonction d’une situation dramatique toujours nouvelle et singulière.
Le texte est accessoire, mais l’écriture est fondamentale.
Donc, j’écris et je pioche. Des auteurs, des écrivains, souvent des artistes... que des textes destinés à tout sauf au théâtre : Pierre Neukomm, Léon Werth, Richard Brautigan, Francis Picabia, Arnaud Labelle- Rojoux et... fraîchement rentré d’Italie, le jeune Alfred de Musset et son impraticable Lorenzaccio. En effet, Musset ne destinait pas ce texte à la scène. Sa première pièce avait été fort critiquée et plutôt mal accueillie. Entre péché d’orgueil et susceptibilité d’artiste, ça sent la vengeance : J’écris une pièce que vous ne verrez jamais ! Ironie du sort, Lorenzaccio hante la tradition théâtrale française depuis cent soixante-dix ans. Ça impose le respect ? À vérifier... 


Laisse les gondoles à Venise a été créé le 11 mai 2005 au Théâtre National de Chaillot